Jeudi 18 décembre 2008

Le projet reflets-écrans est né il y a quatre ans déjà. Il concernait un questionnement sur la déstructuration de l'espace, au moyen d'écrans, c'est-à-dire de miroirs de tailles et de formes variables, qui seraient disposés dans un contexte encore préservé.
Il s'agit d'intervenir plastiquement, ou plutôt sensiblement, sur un site naturel, et d'y créer un jeu sur l'espace de l'ordre de la confusion et de la rupture visuelles.
Dans la continuité du Land Art, et en corrélation avec ne manière de vivre l'art en tant que présence sensible, émotionnelle et sensuelle même, j'ai voulu rendre la terre(le sol) improbable, en introduisant des brèches, véhiculaires de l'illusion destinée au spectateur, victime consentante, d'un mirage qui lui donne à voir"ce qui est là mais ne devrait y être".
Par endroits, le sol prend vie; il se colore de bleu, de vert, de jaune; c'est le ciel et la cime des arbres qui le revêtent, portés par la lumière du jour dont la réalisation est dans son intégralité tributaire.
J'ai tenté d'opérer des interventions qui n'ont rien de conceptuel ou de mystique, et en réalité c'est la nature qui me donne les composantes essentielles, que je m'amuse à perturber, et à fragmenter pour offrir sous un autre point de vue ce qui est évident et déjà présent. Je montre un espace choisi en le recomposant (ou le décomposant).
J'impose un découpage du réel qui se présente à nouveau, rompu, strié, sectionné ou élidé.
La photographie a ici une valeur de constat de la réalisation, qui est éphémère soit par le fruit de ma volonté, soit à cause de paramètres liés au temps et aux dégradations qu'il engendre.
Elle n'est pas en noir et blanc comme il est normalement d'usage pour la photographie document, mais en couleurs suivant la conduite de l'artiste écossais Andy Goldsworthy, qui façonne des oeuvres in situ sans davantage d'outils que ses mains.
La lumière et les couleurs qui viennent habiller les miroirs sont les pigments essentiels de la toile brisée qui se montre et se révèle. La photographie parvient à une dimension esthétique qui  est à son comble, lorsqu'elle est en couleurs. Elle complète également le propos de la fragmentation, étant elle-même un prélèvement arrêté, de la réalité d'un contexte sélectionné pour ses potentialités plastiques.


Par Thibault
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Articles récents

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus